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Décès

Nécrologie – lu sur LeMonde.fr

 

Georges Charachidzé, linguiste et historien, spécialiste du Caucase

LE MONDE | 24.02.10 | 16h16    Mis à jour le 24.02.10 | 16h16

       

 

Disciple de l'historien des religions et spécialiste des mythologies indo-européennes Georges Dumézil (1898-1986), le linguiste et historien Georges Charachidzé, mort samedi 20 février, à l'âge de 80 ans, a consacré sa vie à l'étude du Caucase, "la montagne des langues", comme l'appelaient jadis les Arabes. Celui qu'on a pu surnommer l'"Atlante du Caucase" parlait une dizaine de ces idiomes : de l'abkhaze au iaz, en passant par le mingrélien, l'ossète et l'oubykh, une langue qui comporte 80 consonnes et qu'il était la seule personne au monde à maîtriser, depuis la disparition du dernier Oubykh, Tevfik Esenç, en octobre 1992.

 

Georges Charachidzé a enseigné à l'Ecole pratique des hautes études et à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), présidé la Société de linguistique de Paris (SLP) en 1984 et publié de nombreux ouvrages, dont Le Système religieux de la Géorgie païenne (La Découverte), Prométhée ou le Caucase (Flammarion) et La Mémoire indo-européenne du Caucase (Hachette).

 

Mais c'est par son travail de terrain, micro en main et carnets en poche, qu'il a fait de la linguistique une arme de résistance, sauvant de l'oubli des langues qui ne s'écrivaient pas et ne se parlaient quasiment plus.

 

Sa passion pour le Caucase a commencé très tôt. Dès l'enfance en fait. Géorgien, son père, journaliste et député, est condamné à mort en 1922 après la révolution bolchevique. Il se réfugie en France et épouse à Paris une jeune institutrice, dont il a un fils en 1930. Tout petit, Georges Charachidzé apprend donc à la fois le géorgien et le français. Fréquentant l'école d'une communauté d'exilés dans une propriété située à Leuville-sur-Orge (Essonne), il y suit assidûment les cours d'un vieil intellectuel, qui lui enseigne à la fois la langue et la littérature géorgiennes.

 

Dès son entrée au lycée, à 10 ans, sa vie est entièrement celle d'un petit Français. Mais la Géorgie reste présente : l'enfant continue à passer ses vacances dans l'institution de la communauté géorgienne, poursuivant ses lectures. Par goût, il s'intéresse toutefois plus au passé lointain qu'aux vicissitudes de l'histoire contemporaine des Caucasiens. Mais le déclic décisif se produit bientôt. En 1953, lorsqu'il rencontre Georges Dumézil. A 23 ans, Georges Charachidzé cherche un directeur pour sa thèse de doctorat, qui deviendra son premier ouvrage, Le Système religieux de la Géorgie païenne.

 

Le premier entretien avec Georges Dumézil fut un peu rude : "C'était un homme très actif, très direct. Il paraissait un peu effrayé par mon projet et me dit d'emblée : "Vous vous rendez compte de ce que vous entreprenez ! Qu'est-ce que vous savez ?" Je lui dis que je connaissais le latin, le grec, le géorgien et le russe, ainsi que l'allemand et l'anglais. Il me tendit un livre en géorgien et me demanda de lire, ce que je fis. Puis ce fut un véritable interrogatoire. En fin de compte, il parut convaincu et accepta de diriger ma thèse." Le voilà admis aux cours de Dumézil. A une époque où celui-ci, déjà connu à l'étranger, ne l'est pas encore en France, il lui arrive d'être son unique élève à l'Ecole des hautes études dans un cours sur la religion du peuple des Ossètes. Puis c'est l'entrée au CNRS, sous la houlette d'un autre parrain, Claude Lévi-Strauss, qui l'initie aux systèmes de parenté.

 

Profusion de légendes

 

Pour devenir un "caucasologue" accompli, déchiffrer les mythes et recueillir les traditions orales, il lui faut apprendre les langues caucasiennes, pour la plupart non écrites. On en dénombre une quarantaine en tout, dont une trentaine dans l'aire qui recouvre l'actuelle Tchétchénie et le Daghestan. La Turquie est alors la meilleure adresse pour les étudier. Elles y étaient toutes représentées, des peuples entiers s'y étant repliés depuis la conquête russe du Caucase au XIXe siècle. Ses voyages en Turquie, à partir de 1965, constituent la deuxième grande étape de l'itinéraire du chercheur. Il y assiste Georges Dumézil dans la reconstitution de la langue oubykh à partir des témoignages de ses derniers locuteurs.

 

Avec ces outils linguistiques uniques, Georges Charachidzé pousse plus avant ses recherches sur l'histoire des religions et sur les mythes caucasiens, dont il a recueilli sur place de nombreuses traditions orales. Il existe chez les peuples du Caucase une profusion de légendes et de mythes qui représentent un géant enchaîné parce qu'il a défié les dieux et surtout le dieu suprême. Quels sont les rapports entre ce cycle épique caucasien, qui anime les récits des bergers et des paysans de la montagne, et le mythe prométhéen de la Théogonie, d'Hésiode ? En se fondant toujours sur les travaux de Dumézil et de Lévi-Strauss, Charachidzé compare les cycles mythologiques. Chez les Grecs, Prométhée, Titan bienfaisant, est le héros intelligent par excellence, à l'origine de tous les progrès de l'humanité ; Amirani, le géant enchaîné caucasien, est un héros brutal, terrifiant, qui détruit tout sur son passage, sans s'en prendre toutefois aux hommes. Cette inversion de la perception du héros mythique est aussi importante que les parallélismes qui ressortent par ailleurs dans le récit.

 

En comparatiste, le chercheur s'attaqua aussi à des problèmes que Georges Dumézil qualifiait d'"étranges" et "redoutables" : le système trifonctionnel - religion, guerre, économie -, propre à l'univers indo-européen, peut-il être utilisé par des groupes étrangers aux langues indo-européennes ? Etendant son enquête au-delà des oeuvres littéraires étudiées par son maître, Georges Charachidzé analyse les religions du Caucase et établit par l'exemple que, pour comprendre et manier le dispositif mental des trois fonctions, il n'est nul besoin de l'avoir hérité de ses ancêtres.

 

Georges Charachidzé avait fondé avec Georges Dumézil la Revue des études géorgiennes et caucasiennes, qui mêle littérature écrite et orale, mythologie et archéologie, le tout agrémenté de débats linguistiques sur les plus anciennes traces indo-européennes repérables dans l'Histoire. Il ne cessa jamais de militer pour la reconnaissance de cultures menacées et appela jusqu'au bout au soutien des Tchétchènes contre l'oppresseur russe.

 

Philippe-Jean Catinchi

 

 

BibliObs vous propose de lire ou relire l'entretien qu'il a accordé au «Nouvel Observateur» en juillet 2006, dans la série «Un maître, une civilisation» : http://bibliobs.nouvelobs.com/20100224/17965/georges-char...

 

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