14/05/2009

Librairie

9782246753919Salomé Zourabichvili, La tragédie géorgienne : 2003-2008, Grasset, avril 2009 - 18 € - ISBN 2246753910

Salomé Zourabichvili, diplomate française, a été également ministre des Affaires étrangères de Géorgie, de mars 2004 à octobre 2005. Elle vit aujourd'hui entre Paris et Tbilissi où elle incarne, pour de nombreux Géorgiens, un nouvel espoir politique. Elle a publié un livre de témoignage, Une femme pour deux pays, chez Grasset, en 2006 et Les Cicatrices des nations, aux éditions Bourin, en 2008.

Ce livre relate les événements qui se sont déroulés en Géorgie, depuis " la Révolution des roses " du 23 novembre 2003 (à la suite de laquelle Mikaïl Saakashvili s'installe au pouvoir) au 7 août 2008, où toutes les télévisions retransmettent les images des chars russes qui se dirigent vers Tbilissi.
Que s'est-il passé entre ces deux dates ? C'est ce à quoi S. Z., française et géorgienne, répond, à partir de son expérience en tant que ministre des Affaires étrangères de Géorgie, au sein de ce jeune gouvernement, de mars 2004 à octobre 2005. Elle avait quitté son poste d'ambassadeur de France en Géorgie et sa carrière de diplomate, pour rejoindre cette aventure enthousiasmante. Mais elle va peu à peu découvrir l'envers du décor. Le rêve vire au cauchemar : en octobre 2005, elle est limogée pour avoir trop cru aux idéaux proclamés par ce nouveau régime.
Dans ce texte, S.Z. décrit sa prise de conscience progressive d'une démocratie qui se délite : d'abord le décès suspect du premier ministre, puis la mise en place, pan après pan, d'un " village Potemkine ", qui a pour but de dissimuler le délabrement du pays, puis les oligarques et leurs rapports intéressés avec le pouvoir, enfin le personnage inquiétant du Ministre de l'intérieur, âme damnée de Saakashvili (comme Beria le fut pour Staline) et la personnalité ambigüe de Saakashvili lui-même. Au début, S.Z. participe de l'aveuglement collectif, soutenue par la conviction qu'elle fait progresser la démocratie. C'est à elle que revient la charge de négocier le retrait des bases militaires russes de Géorgie. Elle nous livre, à ce propos, le récit passionnant de ses conversations avec son homologue russe. Hélas, le succès qu'elle aura obtenu sera de courte durée et, en août 2008, elle va assister, impuissante, au retour en force de l'armée russe, au cœur du territoire géorgien.


Cette chronique d'une guerre annoncée est l'histoire d'une conquête du pouvoir et de son évolution ; ce pouvoir, peu à peu, envahit tout, justifie tout et substitue une autocratie à la démocratie dont rêvait S.Z. C'est l'histoire d'un terrible gâchis.

09:28 Écrit par Roustaveli dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.